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Partie 2 Mettez toutes les chances de votre côté pour progresser !

Updated: May 4, 2021

Comme prévu, voilà la deuxième partie de mon article « mettez toutes les chances de votre côté pour réussir » si ce n’est pas fait, je vous conseille de commencer par lire la première partie




6. Cadrer sa séance et faire des pauses


Lorsque nous entamons une séance de musique ou n’importe quelle activité, il est plus efficace d’avoir un cadre et de savoir ce que nous allons faire. C’est là que les objectifs définis plus tôt entrent en action. Maintenant que nous savons où nous sommes et où nous allons, il est possible de prendre une direction plutôt que de errer sans but et tourner en rond.


L’échauffement ainsi que les exercices que nous choisirons dans notre catalogue d’exercices devront répondre à nos objectifs. De cette attention découleront de grands progrès et de solides fondations dans un temps plus court.


Les pauses sont cependant nécessaires, car développer son détaché n'est pas la même action que rendre ses doigts plus agiles, il est important de prendre le temps entre deux exercices pour noter les progrès réalisés (ou non) et se préparer à ce qui nous attend.


L’autre bénéfice des pauses est de nous permettre de recharger ce qui pourrait être appelé notre barre d'attention. A l’image d’une barre d’endurance dans les jeux vidéos qui se vide et qui, une fois vide indique que le personnage ne peut plus réaliser certaines actions, nous avons besoin de laisser notre barre d'attention remonter pour agir avec conscience. L’attention et la présence seront le sujet d’un autre article plus développé.

Vous pourrez répliquer que la musique n’est pas que cadre et efficacité, mais création et imprévus. Je suis d’accord, rien n’empêche de garder une partie de la séance pour une activité spontanée qui pourra permettre de nouvelles explorations et expérimentations !


7. S’enregistrer / se filmer régulièrement


Il n’y a pas de juge plus sévère que nous mêmes, et c’est pourquoi s’enregistrer et se filmer permet de faire de grands progrès. Perdus dans un trait difficile nous sommes soudain voutés, ou bien l’air fuit par les coins de la bouche quand il s’agit de détacher un peu vite ? Sur le moment il est bien difficile d’en avoir conscience malgré toute notre bonne volonté.


S’enregistrer ou se filmer permet d’observer objectivement nos progrès, de repérer des schéma d’erreurs réguliers. En gardant des archives de ces captations nous pouvons en effet comparer les versions après 2 semaines, puis 4 puis plus encore. Cela permet de mettre le doigt sur un passage qui peut sembler plus ardu. Nous pouvons alors analyser la cause profonde qui nous met en difficulté.


Pour revenir à l’exemple précédent de se vouter lors d’un passage difficile et de se contracter inutilement (personnellement il faut encore me convaincre en quoi devenir rouge et sembler se tordre de douleur comme si on était aux toilettes est le signe d’un accomplissement artistique), lorsque nous arriverons à ce passage, essayons de garder une posture plus saine pour notre corps et nous serons souvent surpris par la sensation de facilité que nous pourrons alors découvrir.


Enfin, l’écoute ou le visionnage ne doit pas devenir une séance d’auto flagellation accusatrice nous amenant à la conclusion que nous devons arrêter la musique ! Cela est aussi le moment de voir et d’entendre tout ce qui est bien. Si sur 10 notes j’en ai joué 7 bien en place, elles sont pour moi sept réussites qui ne sont pas gâchées par les autres. Ce sont 7 notes que j’ai acquis et sur lesquelles je peux m’appuyer pour mieux réussir la fois d’après. Nous pouvons aussi essayer de voir et comprendre ce qui marche pour l’appliquer au mieux aux parties difficiles !


8. Prendre des notes


Il est important de mettre ses réflexions à l’écrit et de les mettre à jour régulièrement. Cela peut prendre la forme de simples phrases, pas forcément rangées dans un ordre précis, mais sur lesquelles il est bon de revenir de temps en temps.


Une première raison : nous oublions beaucoup de choses ! Combien de fois vous êtes-vous retrouvés en fin de séance en vous disant soudain « Saperlipopette je voulais essayer cette chose à la fin de la dernière séance, maintenant c’est trop tard je suis crevé » (le saperlipopette peut être remplacé par un mot au choix plus personnel) ? Maintenant que vous organisez vos séances cela n’arrivera bientôt plus !


Une deuxième raison pour celles et ceux qui ne sont pas encore convaincus : l’action de verbaliser permet de rentrer les sensations plus efficacement dans notre partie consciente. Essayez la prochaine fois que vous rangez vos clés dans un endroit inhabituel, dites vous consciemment « je mets mes clés dans la poche intérieure droite », vous les retrouverez bien plus spontanément quand vous en aurez besoin !


Plus élaboré mais particulièrement bénéfique, vous pouvez vous écrire votre propre méthode instrumentale, comme si vous expliquiez vos concepts et théories à d’autres personnes. Gardez vos versions et revenez-y régulièrement, vous serez surpris parfois de l’évolution que vous aurez fait entretemps . Des fois cela m’amène même à revenir à des idées qui n’étaient qu’en train de germer et qui sont devenues plus développées. D’autres fois, cela permet de détricoter une séries d’à priori qui finalement ne sont pas révélés très efficaces. Il est alors plus facile de revenir en arrière pour prendre une nouvelle direction.


9. Faire un bilan


Après toutes ces explications, la dernière est juste logique. Je reprends la comparaison d’un voyage : il est bon de vérifier régulièrement qu’on est toujours dans la bonne direction, de faire le point sur notre progression. Sommes-nous bien là où nous devrions être ?

Un bilan de fin de séance est le moment idéal pour faire le point. Si vous avez fait vos pauses régulièrement en notant vos ressentis ou vos résultats de vitesse, relisez les pour constater si vos progrès sont à la hauteur de vos espérances et surtout des efforts que vous y avez mis.


Si vos objectifs à court terme sont bien choisis, vous devriez pouvoir cocher toutes les cases. Autrement il y a deux options : les objectifs étaient trop ambitieux, ou vos efforts n’ont pas été faits dans la bonne direction. C’est là que l’enregistrement est utile pour comparer les séances et observer ou entendre les points de blocages.


Restez toujours très objectifs et simples dans les analyses. Par exemple si vous avez dormi 2 heures la nuit précédente ou que vous êtes malades, soyez indulgents (et allez plutôt vous soigner ou au lit si c’est la deuxième option).


Enfin, je ne le répèterai jamais assez, ne vous privez pas de vous complimenter pour les choses qui fonctionnent. Vous ne deviendrez pas vaniteux et arrogant parce que vous vous accordez le plaisir de vous féliciter, surtout après avoir fourni les efforts qui ont amené à ce résultat. Essayez de transformer le « c’est normal que j’arrive à faire ça, enfin après tous ces efforts, j’ai même mis trop de temps à y arriver, je suis trop nul ! » en « c’est génial que je puisse jouer cette partie sans difficulté, mes efforts sont récompensés, je vais continuer dans cette direction ». A partir d’un même phénomène (la réussite d’une partie difficile), vous passerez d’un constat qui est bien amer, à un encouragement à continuer les progrès, c’est quand même mieux !


Bonne pratique et n’oubliez pas de vous amuser !

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