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Mieux s'écouter pour mieux écouter les autres

Nouvelle série, nouveau format afin de proposer une exploration autre :

Au fil du temps nous entendons des phrases qui nous marquent. J'ai eu assez tôt le réflexe de noter ces phrases pour y revenir de temps en temps et m'amuser de l'évolution du rapport que j'avais avec elles.


Dans ces réflexions autour d'une phrase, je vous proposerai un cheminement relativement superficiel afin de laisser la place à votre propre développement.


J'ai sélectionné quelques unes de ces phrases entendues au coin d'une salle de cours, dans une master classe ou même que j'ai pu prononcer moi-même un jour d'inspiration. Mon erreur a été de ne pas forcément noter qui avait dit quoi ! Si des personnes se reconnaissent en lisant, pardonnez moi s'il vous plaît, il n'y a aucune malice. Je signalerai par honnêteté les phrases qui ne sont pas de moi.


La première est donc le titre de ce billet, fait partie des phrases empruntées :

"mieux s'écouter pour mieux écouter les autres"


Tout d'abord il s'agit de définir ce que va être l'écoute dans cet article. Pour le résumer, il s'agit de l'acte conscient de porter son attention sur la musique.

L'acte conscient demande une présence totale. De l'attention découlera une analyse qui permettra de poser des axes d'orientation et d'évolution, ou simplement le plaisir d'être en communion avec soi-même, de relier notre conscience à nos émotions.


Quant à la musique elle pourra être appréhendée dans sa globalité, autant que sous différents angles. Enfin le "mieux" dans la phrase du jour, nous enjoint à une évolution, et nous rappelle qu'il s'agit d'un cheminement perpétuel.


Souvent nous entendons ou lisons des citations nous enjoignant d'apprendre à nous aimer nous-mêmes pour savoir aimer les autres. Le parallèle qui se forme entre la phrase du jour et cette approche est assez frappant.


En effet, si en jouant de notre instrument nous ne savons pas nous écouter nous-mêmes, comment être certains que nous écoutons vraiment les autres ?


Si nous ne faisons qu'entendre la musique, nous ne pouvons pas vraiment la servir et profiter de tous ses bienfaits

Quoi écouter ? Comment écouter ? Ces deux questions vont guider la suite. L'une vient avec l'autre, il n'y a pas d'ordre précis, vous verrez qu'elles se complètent et se définissent mutuellement.


Nous pouvons écouter la musique dans sa globalité, un peu comme nous pouvons apprécier un tableau que notre regard embrasse. J'aime cette notion d'embrasser, de prendre dans l'entièreté sans rien laisser de côté; s'approprier pleinement le son comme pour faire corps avec.


Faire corps c'est résonner avec la musique, la percevoir avec notre oreille externe, le système de l'audition classique, mais aussi au sein de notre corps par les vibrations qui s'y produisent. L'eau étant un excellent conducteur du son, et notre corps constitué principalement de ce liquide vital :


Nous sommes une sorte d'oreille géante !

Vous voyez donc que le quoi écouter rejoint le comment dans le sens qu'il s'agit également d'être à l’écoute de notre moyen de perception. Sans oublier que ce corps, moyen de perception deviendra moyen d'expression lorsque nous jouerons.


Nous pouvons également écouter les paramètres de la musique. J'en ai noté quelques uns, ceux qui en font l'essence et dont les noms mêmes sont communs avec l'art oratoire avec quelques subtilités de sens :

· La justesse

· L'articulation

· Le timbre

· Les nuances

· Le phrasé

· Le rythme


Chacun de ces paramètres donne du sens à notre discours musical et le rend compréhensible à ceux qui l'écoutent. Selon les personnes et leur sensibilité ou les jours, il sera plus facile d'écouter un élément en particulier, ou un autre, ou la globalité de la musique. Il n'y a pas de véritable règle.


Notre instrument est une autre voix permettant de nous exprimer

L'objectif est d'être capable d'écouter ces paramètres dans notre propre son, puis de les moduler à loisir afin de manifester le sens que nous désirons faire passer. Lorsque cela est atteint nous n'écoutons plus les autres musiciens de la même manière et la musique devient plus profonde.


Afin de pouvoir moduler ces paramètres nous allons devoir faire appel à l'analyse du texte et à notre musique intérieure. Il s'agit d'assumer une interprétation (encore un point commun avec l'art dramatique) en ayant défini clairement notre compréhension et en l'ayant intégrée suffisamment pour la jouer dans notre tête.


C'est en comparant ce qui sort de l'instrument à ce que nous voulons faire sortir de l'instrument que nous pourrons tenter des expériences afin d'aboutir au discours désiré.


Ainsi, lorsque nous jouerons avec d'autres personnes, nous saurons nous adapter à leurs propositions et suggérer des idées qui permettront un jeu en commun riche et concordant. L'autre avantage de développer cette écoute de soi, est que notre discours plus clair sera aussi plus attractif pour nos auditeurs, car nous saurons leur proposer une interprétation cohérente.


Après ces quelques pistes de réflexions, je vous laisse avec la phrase de départ un peu transformée :

"Mieux s'écouter pour mieux écouter les autres, et pour que les autres nous comprennent mieux"


Bonne réflexion, bonne pratique et n'oubliez toujours pas de vous amuser !




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