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Les murs que nous créons

Ce que je nomme les murs ici, ce sont les certitudes que nous avons sur nos capacités. En termes techniques, elles sont nommées croyances limitantes. Il s'agit d'un point sur lequel j'avais déjà beaucoup réfléchi avant de savoir le nommer.


Dans mon article sur l'égo j'ai déjà parlé de la construction que nous faisons de notre personnalité et les étiquettes que nous nous attribuons puis nous imposons en fonction du besoin. Ces limites ou ces murs ont quelque chose de rassurant pour notre égo. Cela lui permet de se justifier et prendre une forme, basée sur ces frontières mentales.


Selon l'estime de soi des personnes, ces murs sont plus ou moins proches mais quasiment tous, nous les avons bâtis autours de nous, comme un moyen de nous protéger, de justifier nos échecs ou par crainte de ce qui pourrait arriver si nous n'en avions pas.


La partie vicieuse de ces barrières est qu'à chaque fois que nous atteindrons ce que nous pensons être notre limite, nous échouerons et cela renforcera notre croyance "je savais bien que je n'y arriverais pas" ou "ce n'est pas fait pour moi" ou encore "je l'avais bien senti que cet enchaînement de notes était trop difficile".


Dans l'article d'aujourd'hui, j'espère amener les lecteurs à réaliser les barrières qu'ils s'imposent et à savoir quoi en faire. Il n'y a pas à ma connaissance de formule magique qui les fasse disparaitre, mais qui sait, c'est peut-être une limite que je m'impose !


Trouver ses limites


Les croyances limitantes sont tellement ancrées dans notre mode de pensée qu'elles sont très difficiles à percevoir toutes. Il y en a heureusement qui sont plus apparentes. D'un point de vue uniquement instrumental, demandez-vous ce qui vous semble être une chose impossible à réaliser.


A ce moment, il faut se poser une simple question : s'agit-il d'une limite que j'ai créé ou une limite humaine ? En effet, toutes les gymnastiques mentales ne permettront pas de venir à bout d'une limite imposée par notre corps. Pour un instrument à vent, pouvoir tenir une note pendant 1h sans interruption et sans respiration circulaire est une limite humaine et fondée.


Pour répondre à cette question simple, cherchez si une personne a déjà réussi à faire ce que vous pensez impossible. Si oui, alors vous avez votre réponse, cette limite, vous vous l'imposez. Certes nous sommes tous différents, cependant c'est en très grande partie une question d'état d'esprit qui déterminera si nous pouvons faire une chose ou non. Cela nécessitera un entraînement adapté et long, mais il faut garder en tête que nous y arriverons.


Dans le pire des cas nous ferons des progrès


Comprendre ses limites


Les barrières mentales viennent souvent de l'extérieur, aussi simplement qu'une remarque régulièrement entendue. Nous les intériorisons et les faisons notre afin encore une fois, de renforcer notre égo et de lui prouver qu'il a raison


Lorsque nous avons identifié une croyance limitante comme je l'ai décrit dans la partie précédente, il va falloir essayer de retrouver de quand date cette croyance. En revenant en arrière, nous nous rendrons éventuellement compte, si nous avons commencé jeune, que nous n'avions pas ou peu de barrières.


Etant très jeunes, nous étions encore proches du moment où nous avons appris les choses les plus difficiles. Avaler, parler, marcher, interagir, écrire, compter, j'en oublie. Ces apprentissages sont incroyablement difficiles, c'est sur eux que toutes nos connaissances futures se bâtiront.


Enfant, nous avions encore un esprit de découverte

Puis un jour une remarque, un échec mal géré nous mettront en tête que certaines choses sont trop dures et que nous n'y arriverons pas. C'est extrêmement cruel et c'est difficile de réaliser le mal que nous nous sommes fait alors.


Dans ces moments là, notre égo niera, cherchera des raisons, des justifications pour ces croyances. Plus il se débattra, plus cela prouvera que cette limite n'est pas réelle. C'est alors qu'un travail long commencera.


Une fois réalisé que notre croyance ne se basait sur rien de tangible, commencera le travail de sape. Chaque fois, raisonnez avec vous-même, sans violence, juste avec de la logique pour commencer à ronger le mur. Comme l'eau qui creuse chaque jour les roches, patiemment, nous aplanirons ce mur et commencerons à voir par-delà.


D'aucun pensent que les croyances limitantes seront toujours là, je veux croire qu'un jour, elles ne seront qu'une cicatrice que nous verrons, mais qui ne nous empêchera plus de passer.


Jouer avec ses limites


En attendant d'avoir rongé nos limites et de les avoir réduites à néant, rappelez-vous de l'article "jouer avec ses erreurs". Trouver des moyens de contournement ce sera la possibilité de créer des croyances positives. Commencer à croire en nous et à notre capacité d'être un.e musicien.ne fantastique ne pourra que faire du bien.


Tant que les pensées limitantes seront présentes, elles seront un frein, c'est notre volonté qui décidera si nous nous plions à leur loi ou si nous les ignorons

En voyant au delà du mur, il y a l'infini qui attend d'être exploré

Les croyances ne sont pas toutes négatives, elles peuvent être un tremplin pour la confiance en soi. Il faut les utiliser pour croire en nous. Notre potentiel est toujours à développer, il suffit de savoir dans quelle direction nous voulons aller.


Il faut tendre vers l'idée de rester en recherche, en apprentissage et en émerveillement devant ce que nous apprenons. Pensez à la joie d'un enfant qui arrive pour la première fois à faire du vélo ou à marcher sur une poutre. Lorsque nous apprenons quelque chose, retrouvons cette étincelle.


Bonne pratique et n'oubliez pas de vous amuser !

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